Gurguy

     était le fils du tiern Galon, seigneur de Trémazan en Landunvez. Ce dernier avait épousé Florence, la fille d'Honorius, prince de Brest. Ils eurent deux enfants, Gurguy et Haude qui furent éduqués dans la religion chrétienne.
Après la mort de leur mère, Gurguy et sa sur Haude furent élevés par une marâtre venue de Grande Bretagne et adepte de la secte de Pélage. Gurgy lui échappa pendant douze années, car il vécut loin du château paternel, à la cour du roi Childebert.
Haude, au contraire, endurait mille misères et mille calomnies, sa belle mère déchaînant sa colère contre elle. De son statut de princesse, elle passa à celui de "Cosette" ou de "Cendrillon". Elle fut reléguée dans une métairie avec interdiction de revenir au château.
Cela dura deux ans jusqu'au retour de Gurguy qui fut surpris de ne pas trouver sa soeur au château. Pour toute explication la marâtre fit passer Aude pour une "fille perdue".
Furieux, Gurguy partit à la recherche de sa soeur. Haude ne le reconnut pas et s'enfuit effrayée. Prenant cette fuite pour un aveu, Gurguy la décapita...
Mais quand Haude lui apparut quelques heures plus tard tenant sa tête entre ses mains, et qu'elle lui conta les méchancetés et les mensonges qu'elle supportait depuis des années, Gurguy sut qu'il avait tué une sainte et non une pécheresse.
La sainte jeune fille recommanda à son frère de faire pénitence.
Elle mourut le 18 novembre 545 et fut inhumée dans l'église paroissiale de Landunvez.

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     Désespéré, Gurguy fit longtemps pénitence et décida de se faire moine. Il se présenta devant Saint Pôl Aurélien, évêque du Léon. Celui-ci le voyant entouré d'une aura de feu lui demanda de changer son nom de GurGuy en Tan-Guy ( en breton : Tan veut dire Feu ), le fit premier abbé du monastère de Gherber (qui sera ruiné par les Normands, puis deviendra l'abbaye cistercienne du Relecq). Lorsque son père mourut, Tanguy, hérita de terres qui s'étendaient depuis la rivière du Caprel (havre de Brest) jusqu'à Pen ar Bed. C'est ce lieu de Pen ar Bed qu'il allait choisir pour édifier un monastère dont il allait être, toujours selon la tradition, le premier abbé.
La tradition affirme que Saint Tanguy mourut le 12 août 594, le même jour que Saint Pôl Aurélien


     Là encore, la légende prend le pas sur l'histoire. Tanguy, raconte-t-elle résolut de construire l'abbaye à l'endroit même où la relique de Saint Mathieu avait été déposée. On l'en dissuada et on le décida à choisir un endroit un peu plus éloigné de la mer. Mais Dieu veillait à ce que la première idée du saint soit respectée : pendant la nuit, les matériaux entassés gagnèrent d'eux-mêmes l'emplacement que Tanguy avait primitivement choisi.
     L'abbaye de Saint Mathieu s'éleva donc en ce lieu où Saint Pôl vint la bénir.

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     Saint Pôl vécut au VIe siècle, donc la fondation du monastère daterait de l'époque où il était évêque de Léon, vers 550-580. On voit que cette date ne s'accorde guère avec celle de la translation de la relique de Saint Mathieu.
Histoire et légende se confondent... Mais il est tout de même intéressant de se demander ce qu'est devenue cette fameuse relique de Saint Mathieu. Après la mort de Salomon, elle fut enlevée en 875 par les « écumeurs des mers ». En 954 et en 1075, on la retrouve à Saleme en Italie... En 1206, le « chef » (le crâne) aurait été rapporté de Palestine par Hervé 1° vicomte de Léon. Les moines vont pouvoir le vénérer de nouveau et cela pendant plusieurs années, puisqu'au XVIIIe siècle ils prétendent la posséder toujours...

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